L’architecture institutionnelle africaine de lutte contre les flux financiers illicites
Abstract
Dans le monde entier, la lutte contre les flux financiers illicites est devenue un domaine prioritaire pour la réalisation du développement durable et la mise en place d’institutions et de sociétés inclusives. Tant dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 que dans le Programme d’action d’Addis-Abeba de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, des objectifs explicites ont été adoptés pour lutter contre les flux financiers illicites. Cela reflète un consensus général sur le fait que non seulement les flux financiers illicites drainent les ressources nationales indispensables au développement durable, mais ils érodent également la confiance dans les contrats sociaux et les systèmes de gouvernance, et accroissent les inégalités à l’intérieur des pays et entre eux. On s’accorde largement à dire que c’est l’Afrique qui a inscrit la question des flux financiers illicites à l’ordre du jour international avec la publication du rapport du Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique, présidé par Thabo Mbeki, ancien Président de l’Afrique du Sud (Union africaine et Commission économique pour l’Afrique, 2015). La présente note d’orientation examine les types, les canaux et le statut de ces flux sur le continent afin de recommander des initiatives visant à renforcer l’architecture institutionnelle créée par les gouvernements africains pour les endiguer.